Anamil Moubssera

Noureddine Benchekroun/ Bureau de Marrakech
En date du Samedi 11 avril 2026, au centre Mohamed VI pour les personnes handicapées,
L’Association de l’Union féminine du Coaching, en partenariat avec l’Association Phare de la culture et développement sociétal, a organisé une rencontre de lecture et signature du livre
“ Les doigts qui voient »
de l’écrivaine et artiste peintre Souad Taqif.
Une rencontre unique en son genre, qui a rassemblé plusieurs artistes peintres, poètes, écrivains, et plusieurs autres personnalités des médias et de la culture.
J’avais l’honneur d’y participer avec la présente lecture.
La question pertinente à laquelle les artistes peintres n’ont jamais su répondre est :
Comment associer les aveugles et les malvoyants pour les amener à découvrir les œuvres exposées.
Autrement dit, y’a t il un moyen de lire un tableau pictural sans le visualiser. ?
Après plusieurs efforts dans ce sens, des artistes qui s’intéressent à ce genre d’initiatives à caractère humanitaire sont arrivés à résoudre en quelque sorte cette problématique, parmi lesquels notre artiste peintre et écrivaine Souad Taqif.
En effet, la solution a consisté à permettre aux non et malvoyants de lire des tableaux par leur simple toucher.
Ainsi commença cette aventure par création d’œuvres tactiles en trois dimensions qui permettent aux personnes en déficience visuelle de découvrir la beauté de l’art de la peinture.
L’accès à cette beauté pour cette catégorie de personnes, sensibilise au passage les volontaires voyants pour faire des tests sur des tableaux avec bandeaux sur les yeux pour comprendre la difficulté de perception d’une œuvre picturale avec un simple toucher.
Et profitons de cette cérémonie de signature de Anamil Moubssera pour dresser l’autoportrait de l’artiste peintre et écrivaine Souad Taqif, une femme exceptionnelle qui a fait un travail remarquable pour aider et permettre aux non et malvoyants de lire et contempler les œuvres artistiques.
Un travail par lequel elle s’est distinguée parmi plusieurs autres artistes peintres.
Ainsi son œuvre
“ les signes en fils” , une toile de 60/40 cm, avec des formes géométriques par utilisation de fils en sabra est une technique en relief qui constitue en soi une vraie magie de beauté.
Une autre toile ( décoration d’un rêve) de 50/45 cm, avec utilisation de la technique acrylique en dentelle, traduit encore cet engouement de l’artiste à la diversification de ses techniques par utilisation d’outils divers qui peuvent s’adapter et créer des reliefs représentatifs sur la toile.
Pour l’œuvre “ l’idée perdue » dans laquelle Souad Taqif a utilisé “ Oqad » de sabra, autrement dit une série de nœuds de ce fil malléable et souple, une représentation dans laquelle on découvre par un simple toucher cette diminution de la densité des “ Oqads » au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la tête. C’est pour nous faire comprendre que l’idée créée à l’Acropole dégénère au fur et à mesure en descendant jusqu’à se perdre.
Une innovation très intelligente pour associer les non et malvoyants à la lecture de tableaux de la sorte.
A citer également :
* Les Roses de Halfeti
* L’arbre éternelle
* Ornements authentiques
* Étoiles de loin
* Secrets du cœur
* Tempête de sable
* Le bon vieux temps
Et Oiseau de l’espoir, une Acrylique sur toile 30/50 cm, Sculptures en pâte de céramique, un tableau et un message d’espoir destiné à chaque non ou malvoyant, que par la volonté, il est en mesure de lire des oeuvres comme celles de notre artiste peintre Souad Taqif.
Ces travaux constituent de vraies boussoles qui guident le public dans les méandres et les labyrinthes obscurs avant d’arriver à lire les tableaux avec leurs mains, se basant sur la sensation du toucher.
Ainsi, les reproductions d’art en 3D fabriquées spécialement pour les non ou malvoyants est une innovation qui permet à l’art d’être accessible à tout le monde avec l’idée également de sensibiliser le grand public pour faire des simulations en bandant les yeux et donner toute la liberté au toucher pour découvrir l’œuvre avant de le lire en visuel.
Une manière et une initiative pour faire sortir cette catégorie sociale de la solitude et la faire partager toutes les beautés de ce monde.
Si le volontaire voyant garde l’avantage de visualiser l’œuvre après avoir enlevé le bandeau de ses yeux, le non et le malvoyant gardera l’idée qu’il a faite avec le toucher.
C’est pour cette raison que pour faciliter la compréhension de l’œuvre, on demande que sa lecture soit faite du haut en bas, s’arrêtant sur chaque détail morphologique ( bosse, creux, protubérance..), et de gauche à droite pour cadrer par la pensée la dimension de l’œuvre.
Bien sûr, il y aura toujours certains tableaux difficiles à lire par le toucher, comme les œuvres où il y a trop de détails.
Néanmoins, les toiles simples restent faciles à reconnaître.
Donc les tableaux en 3D constituent des opportunités pour les non et malvoyants, certains chercheurs commencent déjà à adapter certaines grandes œuvres comme celles de Picasso en les transformant en 3D pour les rendre tactiles.
Un travail énorme de réplique dont une partie s’expose déjà en Europe.
Anamil Moubssera de Souad Taqif est le premier de son genre au Maroc, un grand défi et un travail qui, sûrement fera couler beaucoup d’encre, les Égyptiens s’y intéressent déjà.
Marrakech le 14/04/2026



