
Noureddine Benchekroun/Bureau de Marrakech
Bien que l’accueil accordé par Trump dernièrement à cinq chefs d’Etats africains n’avait aucun lien avec les traditions diplomatiques et fût considéré par la plupart des médias comme une sorte de décrédibilisation
et un sous-estime à ces présidents, l’analyste bienveillant ne se laisserait pas emporter par cette façon d’accueil “trumpienne”, mais doit connaître les raisons de cette démarche Américaine envers les pays Africains.
# Un premier peloton de pays Africains
En effet, les présidents du: Gabon- Guinée Bissau- Sénégal- Liberia et Mauritanie, avaient été choisis par l’administration américaine comme premier peloton d’une série de futurs entretiens avec les chefs d’Etats de ce continent prometteur gorgé de ressources minières dont la plupart sont encore inexploitées et présente des opportunités d’investissements prometteuses, constamment prospecté par la Chine qui a su décrocher de gros contrats en l’absence des Américains.
# La Mauritanie: Sur la liste
Ce qui importe pour nous Marocains, c’est le lien qu’a cette rencontre avec les événements déstabilisateurs devenus intrinsèques à la région Nord-africaine, surtout qu’un acteur de taille de cette région à savoir la Mauritanie était invité à cette première réunion avec l’administration Américaine.
En effet, la Mauritanie maintient toujours sa position de neutralité positive dans l’affaire du Sahara Marocain et a adhéré à l’initiative de l’Atlantique lancée par le Royaume Chérifien et au méga-projet Gazoduc Nigeria- Maroc qui transitera par ce pays avant d’arriver à destination.
Outre, la Mauritanie vit entre :
-Les coups de marteau qu’elle subit au quotidien par l’ingérence du régime Algérien aux affaires internes du pays et la présence des mercenaires du Polisario sur le sol Mauritanien.
Pire encore, ces séparatistes commencent à influencer par leur idéologie obsolète certains partis autochtones.
– Et l’enclume du besoin de stabilité, sécurité et développement.
# Un fort message à l’Algérie
La première remarque qui ne laisse aucun analyste indifférent, c’est que cet entretien Americano-Mauritanien coïncide avec la décision de la maison blanche d’augmenter les tarifs douaniers concernant l’Algérie à 30%.
Une décision bien étudiée, une mise en garde et un message assez fort à la junte militaire qui gouverne ce pays, comme quoi, la Mauritanie est dans la visée stratégique des USA.
# La feuille de route de 2006: Une ruée vers l’Afrique
En effet, une feuille de route a été établie par l’administration Américaine en 2006 avec accord unanime des républicains et des démocrates, consistant à se débarrasser progressivement du chaos du Moyen-Orient et s’orienter vers le continent Africain.
Ce continent, considéré comme l’avenir de l’humanité, commence à être envahi économiquement par les russes, les chinois et même les turcs.
Gelée, pendant le mandat du président Obama, cette feuille de route réapparaît avec Trump, qui considère les relations de son pays avec le reste du monde comme un “ business” pur et simple à la façon des hommes d’affaires prêts à prendre les risques et à défier l’insurmontable.
# Rappel historique
A la veille de la fin de la deuxième guerre mondiale, et par la suite les mouvements d’indépendance des pays du Moyen-Orient, les États Unis d’Amérique comme première puissance et leader du capitalisme mondial s’est vu dans l’obligation de contrôler cette région pour contrer l’idéologie socialiste soviétique qui connaissait ses moments de gloire.
De ce fait, les Américains étaient obligés de gérer ce leg, certes richissime mais dont les divergences religieuses, doctrinales, tribales, idéologiques, sont bien ancrées dans l’histoire et s’amplifient avec le temps.
# Désengagement et gros contrats avec les pays du Golf
Aujourd’hui les Américains sont pressés de se retirer des problèmes du Moyen-Orient, donnant plein pouvoir aux Israéliens pour contrôler la situation et d’imposer progressivement sur le terrain la stratégie du nouveau Moyen-Orient.
Un désengagement américain qui n’exclut pas les accords économiques historiques avec les États du Golf.
Pour conclure, disons
qu’avec Trump, les USA menacent d’utiliser la force pour rétablir la paix au plus vite
( Iran/Israël….Inde/Pakistan..) ou lancent des mises en garde indirectes ( Algérie).
Une stratégie qu’elle va utiliser sûrement pour imposer la paix et la sécurité en Afrique avant de commencer ses partenariats avec les pays de ce continent.
Marrakech le 15/07/2025



